Lutte contre les risques iatrogéniquesUne nouvelle RCP dédiée à l’évaluation du risque thérapeutique
22.12.2016
Le Pr François Goldwasser, cancérologue (Hôpital Cochin, AP-HP), est à l’initiative d’une nouvelle RCP dédiée à l’évaluation du risque thérapeutique. « Face à l’augmentation de la proportion de sujets âgés et, par conséquent, de patients fragiles et/ou avec comorbidités, il est nécessaire pour le cancérologue de pouvoir accéder à d’autres champs de compétences dès la prise en charge initiale pour analyser les risques médicaux – en particulier, la toxicité des anti-cancéreux », a-t-il affirmé. Pour lui, il est indispensable d’avoir une approche pluridisciplinaire et un temps de confrontation spécifique. Chaque regard clinique est complémentaire.« À l’hôpital Cochin, en hôpital de jour, nous avons mis en place un dispositif d’analyse des risques avec différents experts qui se relaient au chevet du patient avant la mise en route d’un traitement », a-t-il expliqué. La réponse à la complexité et à la maîtrise des risques est la médecine intégrée : les expertises doivent être conjuguées au lit du malade. Sur une demi-journée, le patient rencontre les différentes expertises médicales et paramédicales pour analyser les besoins et les risques. « Ces évaluations donnent lieu à une synthèse au cours de laquelle nous prenons des décisions personnalisées en fonction des constatations. Dans un tiers des cas, le cancérologue avait sous-évalué les risques en consultation ; dans un autre tiers, il avait surestimé les risques et décidé d’un traitement infra-optimal. L’analyse des risques est cruciale. » Il faut évaluer les modifications de l’exposition au traitement que l’on va administrer (hypoalbuminémie, insuffisance rénale, hépatique, cholestase, comédications) et celles de la tolérance (comorbidités, sarcopénie…) et se méfier de l’automédication parapharmaceutique.La composition corporelle change la distribution des médicaments et, donc, la toxicité. Il faut un temps pharmaceutique pour analyser le risque iatrogène.« Les autorités de tutelle doivent être sensibilisées au rôle crucial des soignants dans l’analyse des risques (diététicienne, infirmière, pharmacienne, assistante sociale, psychologue), qui requiert du temps auprès des patients. Diminuer le nombre de soignants fait ainsi courir une augmentation des risques médicaux. »Cette nouvelle RCP dédiée à l’évaluation du risque thérapeutique améliore les temps d’hospitalisation avec des réductions des séjours.« La tumeur et son analyse moléculaire ne résume pas la situation clinique du malade ! »

