La décision en cancérologie, aspects médicaux, organisationnels, économiques et éthiques La décision en cancérologie, aspects médicaux, organisationnels, économiques et éthiques La décision en cancérologie, aspects médicaux, organisationnels, économiques et éthiques

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La Décision en cancérologie est la thématique des 9èmes Rencontres de la Cancérologie Françaises.
Les RCFr sont un lieu d’échange et de partage en cancérologie, un événement pour tous les professionnels de santé et les Associations de patients impliqués dans le parcours de soin des patients atteints de cancer. Retrouvez le débriefing et les interviews vidéo exclusives.

Nouvelles coopérations territoriales
La décision à l’échelle territoriale

22.12.2016

Les Groupements Hospitaliers de Territoires (GHT) réorganisent l’offre de soins afin de garantir la même prise en charge des patients quelle que soit la situation géographique et favoriser l’accès aux innovations.

« La coopération des GHT est obligatoire pour les hôpitaux publics. La coopération entre hôpital et ville est ancienne et n’est pas remise en cause, bien au contraire », a affirmé le représentant de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). La loi de santé porte une ambition plus large : un mouvement en faveur des soins primaires. « Les ambitions des GHT sont multiples : répondre aux besoins de santé de la population en proposant une offre de santé et de soins sécurisée, ainsi qu’une équité de l’accès aux soins ; garantir la même prise en charge des patients quelle que soit la situation géographique ; favoriser l’accès aux innovations ; créer des marges de manœuvre nouvelles : ensemble, les établissements de santé seront plus forts et pourront suivre le rythme des investissements. Cela se traduit par le partage des compétences rares et permet d’atteindre une masse critique suffisante. » À l’été 2016, 135 GHT ont été créés, soutenus par le Ministère. La DGOS participe également, notamment à l’accompagnement du virage ambulatoire de la chirurgie et de la radiothérapie interventionnelle.
Le Pr Gilles Calais, président de FHF Cancer, a indiqué que le GHT est « une opportunité pour mettre fin aux rivalités inter-établissements sur les recrutements médicaux ».
Didier Frandji, directeur des Hôpitaux universitaires de Paris Seine-Saint-Denis, a annoncé la création d’un groupement de coopération sanitaire (GCS) en Seine-Saint-Denis. « Il s’agit d’un super-GHT implanté en Seine-Saint-Denis et rassemblant deux GHT. Il s’appuiera sur des lieux d’échanges médicaux et travaillera avec le maillage déjà existant sur notre territoire. Il s’appuiera sur la cartographie des parcours de soins. »
Le Pr Laurent Zelek, oncologue médical (Seine-Saint-Denis) a exposé les initiatives dans son département, où la mortalité par cancer bronchique est la plus élevée d’Île-de-France. « L’offre de soins est extrêmement morcelée, avec des volumes d’activité faibles et un manque de lisibilité en termes de parcours de soins. Deux tiers des patients sont vulnérables (score de vulnérabilité >40 %). On recense de nombreux problèmes liés à la prise en charge psychosociale », a-t-il affirmé.
« L’objectif a été la construction d’un réseau de santé qui s’est rapproché des patients et des médecins traitants et prend en charge plus largement les patients, les comorbidités (autres maladies chroniques) et le psychosocial. Nous avons identifié des parcours patients : il faut s’engager dans des prises en charge et des diagnostics rapides (raisonnables pour les cancers bronchiques, par exemple). Il faut un diagnostic d’une semaine, car ces délais sont aujourd’hui perfectibles. »
« Il faut identifier les portes d’entrée avec une plateforme unique pour aider les médecins traitants dans l’adressage. » Les relations avec les médecins traitants concernent également les complications en cours de traitement (problème de la voie orale, des traitements innovants avec des effets indésirables imprévisibles dans le temps, l’après-cancer).
« Un GCS doit également pouvoir être un recours et fournir une expertise, notamment pour les tumeurs rares. Il doit également pouvoir participer à l’innovation thérapeutique et à la recherche clinique », a-t-il enfin souligné.
L’oncosénologue Anne Lesur, de l’Institut de Cancérologie de Lorraine (Unicancer), a indiqué que l’INCa et les ARS ont initié la mise en place de regroupements hospitaliers afin de mutualiser les compétences au sein de structures pouvant garantir un niveau de prise en charge de qualité et accrédité, tout en s’assurant que les patients puissent bénéficier de soins de proximité sans être déracinés, trop loin de leur domicile. « Il a été décidé de développer des réseaux locaux permettant aux patients de profiter, ponctuellement, de soins spécifiques – par exemple, pour des chirurgies pratiquées en ambulatoire dans un hôpital de référence, mais avec un accompagnement local avec des relais infirmiers. »
Le temps diagnostique doit être respecté, en prenant correctement en charge l’aspect psychologique. La consultation d’annonce à Lunéville, l’adressage aux RCP préthérapeutiques à l’ICL (Institut de cancérologie de Lorraine) puis le suivi à Lunéville ont suscité de multiples interrogations, et de nombreuses réunions se sont tenues pour convaincre. « Car ces nouvelles organisations ont des contraintes, celles de l’organisation multi-sites. Les médecins et patients sont satisfaits. Le médecin traitant est le maillon fort de cette organisation, car les patients restent de moins en moins longtemps hospitalisés. C’est un pacte de confiance entre les différents interlocuteurs », a tenu à souligner Anne Lesur.Qu’en est-il du projet médical au niveau territorial et, en particulier, pour les médecins généralistes ? Pour le Dr Marie-Hélène Certain, médecin généraliste (Collège National de Médecine Générale), des éléments de référence sont nécessaires pour améliorer l’accompagnement de proximité du patient. L’organisation des soins primaires et leur lisibilité est un enjeu majeur. Les PTA (plateformes d’appui) vont permettre cette mise en place et aider au lien ville-hôpital. La prise en charge du cancer est modélisante pour organiser cette coopération territoriale où le médecin généraliste a un rôle important. En effet, il peut intervenir aux différents moments des annonces, car le soutien au patient est indispensable. L’entrée dans le parcours de soins est essentielle, adaptée au type de cancer. L’intervention du médecin généraliste peut apporter des éléments importants aux RCP.