La décision en cancérologie, aspects médicaux, organisationnels, économiques et éthiques La décision en cancérologie, aspects médicaux, organisationnels, économiques et éthiques La décision en cancérologie, aspects médicaux, organisationnels, économiques et éthiques

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La Décision en cancérologie est la thématique des 9èmes Rencontres de la Cancérologie Françaises.
Les RCFr sont un lieu d’échange et de partage en cancérologie, un événement pour tous les professionnels de santé et les Associations de patients impliqués dans le parcours de soin des patients atteints de cancer. Retrouvez le débriefing et les interviews vidéo exclusives.

RCFr
Place à la HAS, l’INCa et l’AP-HP

22.12.2016

Les RCFr sont l’un des lieux privilégiés où les instances de tutelle viennent rappeler leurs missions, les actions passées, présentes et à venir, dans le domaine de la cancérologie. Le Pr Agnès Buzyn, présidente de la Haute Autorité de Santé (HAS), le Pr Norbert Ifrah, président de l’Institut national du cancer (INCa) et Martin Hirsch, président de l’AP-HP, sont venus faire part de leurs ambitions pour la cancérologie de demain.

Pour la HAS, la cancérologie est un modèle d’innovation dans le champ thérapeutique mais également organisationnel. « La cancérologie nous défie en permanence », a déclaré Agnès Buzyn, présidente de la HAS. « Le cancer est devenu une maladie chronique avec un parcours ambulatoire très long qui requestionne sur la place du médecin généraliste [NDLR : la HAS a noué un partenariat avec le Collège de Médecine Générale]. La cancérologie nous challenge sur la capacité de faire rentrer des innovations thérapeutiques – non seulement médicamenteuses, mais aussi en chirurgie ambulatoire et interventionnelle, en radiothérapie – dans le champ des actes remboursés. C’est l’une des missions de la HAS de définir le panier de soins remboursables. L’ensemble de ces innovations impliquent des évaluations souvent très précoces, qui posent des problèmes quant à la sécurité des patients », a-t-elle souligné.
Pour répondre à l’ensemble de ces défis, la HAS est impliquée dans une vingtaine de missions du Plan Cancer : définir les patients pouvant bénéficier de chirurgie ambulatoire, promouvoir le dépistage (personnalisation des dépistages), vaccination, implication dans les parcours de soins (place des médecins généralistes et mise à disposition d’outils performants d’accompagnement), repenser les évaluations des technologies de santé et, en particulier, celles des médicaments. Le cancer est le troisième poste de dépenses de l’Assurance Maladie. Jusqu’où pourrons-nous assumer ces dépenses ? « La HAS doit se porter garante d’une forme d’équité sur le plan du traitement de l’ensemble des différentes pathologies. »
La décision partagée est une voie d’avenir. La HAS pense que les patients sont des partenaires pour faire évoluer notre système de santé, garantir et améliorer la qualité des pratiques.

Pour l’AP-HP, Martin Hirsch, président de l’AP-HP, a rappelé les engagements pris pour 2016 au cours des RCFr15 et a tenu à dresser un bilan pour chacun. Il a souligné qu’en 2016, « une augmentation des patients traités à l’AP-HP – plus de 38 000 nouveaux patients par rapport à 2015 – a été observée. Les délais de séjour et de prise en charge y ont été réduits. Le délai moyen d’une première consultation en oncologie a diminué d’une semaine, passant de 22 à 15 jours, ainsi que les délais de prise en charge en radiothérapie. Des engagements ont été formalisés pour que le patient avec suspicion de cancer soit pris en charge dans la semaine qui suit le diagnostic et que les premières explorations soient réalisées dans les 24 heures. »
L’AP-HP a redynamisé sa participation aux essais et à la recherche : on relève une augmentation de 45 % d’essais ouverts à l’AP-HP avec u, accroissement du nombre de patients inclus entre 2014 et 2015. « Nous avons gagné huit mois , en moyenne, sur le démarrage des essais. »
Les équipements ont été priorisés sur le cancer : 24 millions d’euros ont été investis. « Le nombre de TEP et d’ IRM augmente. Le parc technologique de l’AP-HP se rajeunit ».
La préservation de la fertilité est généralisée : en un an, plus de 500 patients ont pu en bénéficier.
« Aujourd’hui, toute patiente opérée d’un cancer du sein avec reconstruction mammaire est possible sans reste à charge. »
Un certain nombre de référentiels s’appliquent à l’Assistance publique.
« Les réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) moléculaire fonctionnent sur l’ensemble de l’AP-HP, en particulier pour les cancers du côlon et du poumon. L’AP-HP participe à l’appel d’offres pour une plateforme France Génomique associant Gustave-Roussy, l’Institut Curie et l’AP-HP. »

Pour l’INCa, « une personne sur vingt a ou a eu un cancer. Plus de 1 000 nouveaux cas sont recensés par jour et 500 patients meurent quotidiennement de cancer, en dépit des progrès dans les champs des principaux cancers solides et dans les hémopathies malignes ». Un constat que fait le Pr Norbert Ifrah, président de l’INCa.
« La France est une mauvaise élève de la vaccination contre les hépatites et les papillomavirus, alors que leur incidence sur le nombre de cancers est démontrée », a-t-il expliqué.
Les RCP, les référentiels, l’amélioration des soins de support et de meilleurs parcours patients favorisent la qualité des soins.
« Des réflexions sont en cours sur les patients experts, les infirmières de coordination et les médecins généralistes, pour qu’ils retrouvent leur place dans le dépistage », a-t-il insisté. Un accord cadre a été signé avec le Collège de Médecine Générale. « Le dossier de cancérologie commun va ouvrir de nouvelles pistes de coopération et de lutte contre les inégalités d’accès aux soins au sein du territoire. »